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Le monde d'Akéras

Soyez les bienvenus !

« Les Chroniques d’Akéras » est un GN médiéval fantastique, impliquant qu’il repose en partie sur les bases établies par le Seigneur des anneaux, Donjon et dragons, le Trône de fer, etc. Nous préconisons cependant un monde dans lequel la politique a autant (sinon plus) d’influence que la magie, et où les concepts de sociétés, tribus et entraide sont essentiels pour survivre aux menaces environnementales.

Qu'est-ce qu'un Grandeur Nature?

Un Grandeur Nature (GN) est un jeu de rôle impliquant d’incarner mentalement et physiquement un personnage. Le GN propose une pièce de théâtre interactive dans laquelle un ensemble de personnages évoluent dans un monde commun, défini par un contexte historique et des règles de jeu spécifiques.

Terra Nova

L'île où Les Chroniques d'Akéras prend place et où les aventuriers se retrouvent : gigantesque, bordée de récifs verdâtres et acérés, montagneuse à l'Est, boisée à l'Ouest... Tout indiquait une île normale, mais quelque chose clochait, comme un détail qui transformait un visage familier en celui d’un étranger. Cette nouvelle île était magnifique, resplendissante, auréolée d'une aura bleutée, mais entourée d'une mer agitée et sombre comme une pièce d'or au milieu de la boue.

terra-nova.jpg

Ligne Du Temps

Un vieillard courbé par le temps prend place sur sa chaise, laquelle semble intrinsèquement moulée par l’usure. Ses yeux laiteux, sous ses sourcils sauvages, passent une nouvelle fois sur le livre ouvert devant lui. Autour de lui, parchemins et tomes antiques aux secrets que nul ne consultera jamais s’empilent sous la lueur des chandelles. Sous les feux vacillants, sa main flétrie prend la plume qu’il adorait tant. Avec une grâce infinie, celle-ci se met à danser avec souplesse dans les écrits du Chroniqueur…

Historia Naturalis Interim

633

Le début de la fin 

Le coup porté par le Tyran sur la toile magique aura des conséquences indélébiles sur le monde. Narius le Grand accède au trône.

678

Âge d’or de la magie 

Les derniers soubresauts de la toile amènent un âge des merveilles. Les sept factions d’autrefois se plient volontairement au règne du Roy, disparaissant ainsi.

698

Mort de Narius, dernier grand Roy des Terres du Centre 

Son premier fils, Pierre-Armand, ne saura pas être aussi rassembleur, ni le reste de sa lignée.

742

La magie n’est presque plus 

Un cataclysme titanesque, venu d’abord de l’est, secoue et transforme les Terres du Centre. Âge des ténèbres des elfes et des nains, qui voient leur espérance de vie, ancrée dans la magie, réduite à celle des autres espèces.

744

Le bouleversement divin 

La dissolution de la toile magique entraîne un dépérissement des plans divins. Élyon, dont le paradis n’est mystérieusement pas affecté, ouvre ses portes aux autres dieux. Certains mortels, se rappelant les mots du Tyran, se tournent vers leurs propres moyens.

749

Les Salassans capturent le trône 

Jugeant les Vielgornes trop mous, ils organisent, avec les réfugiés de l’ouest inondé, un putsch. Leur règne sera barbare et impopulaire.

762

Naissance de la première cité-État 

Non contente du règne Salassan et de sa mauvaise gestion du royaume, une région fait sécession et décide de s’autodéterminer. Plusieurs autres la suivront dans le siècle suivant, causant le morcellement du pouvoir de Coeur-Flamboyant.

861

Un monde au bord du gouffre 

Voyant les tensions monter sans cesse, les têtes pensantes des différentes cités-États renversent violemment l’empereur Salassan et, suite à des mois de délibérations, choisissent le dernier représentant de la lignée Vielgorne comme Empereur.

981

À l’aube d’un nouveau monde 

Celle qui sera un jour l’Impératrice naît en Terres du Centre.

1004

La découverte de l'Île au bout du monde 

Un mystérieux individu revient d’un long voyage en mer, affublé d’une nouvelle ressource étrange. Il mourra peu de temps plus tard, mais son savoir lui survit.

1006

Fondation de la Compagnie 

L’Impératrice fonde sa grande compagnie pour recueillir ce précieux matériau. Plusieurs années sont nécessaires pour mettre en place la première expédition, qui n’est pas couronnée de succès.

1023

Concile de Coeur-Flamboyant 

Devant les difficultés inhérentes à l’exploration du nouveau continent, l'Impératrice invite toutes les cités-États à se joindre à l’aventure. Six d’entre elles acceptent et débutent prestement leurs préparatifs. Elles mettront les voiles vers l’Île l’année suivante.

1024

Première année d'exploration de Terra Nova

Fin du premier mois

Votre Majesté Impériale, Comme convenu, je vous écris suite à l'arrivée des explorateurs du Concile des cités-États. Tous sont arrivés cette semaine et déjà le continent nous rattrape. Malgré les conseils prodigués et les requêtes insistant en faveur de la bonne entente, chaque cité semble plus encline à préserver ses intérêts particuliers que ceux de la collectivité. À peine sont-ils arrivés sur l'Île que des assassinats et des vols surviennent dans le village. À peine quelques heures se sont-elles passées que Libera et Valbirin ont été en guerre ouverte, suivie rapidement par une querelle entre Libera et Numadril. L'élasticité des valeurs de Libera est difficilement conciliable avec la rigidité de nos lois, mais leurs fondements sont altruistes et justes, et nous arriverons, je l'espère, à faire vivre ce fragile écosystème. Heureusement, j'ai aussi vu le bien que vous voyez tous les jours en eux. J'ai vu Libera aider des cités en sous-effectif; j'ai observé les explorateurs participer à des jeux organisés par Terra Fortuna pour leur unique plaisir; j'ai entendu se former les légendes de créatures mythiques via des rituels de Numadril et j'ai vu la troupe d'Ardras soulever les guerriers pour défendre notre nouvelle terre. Déjà, la Santa Purgare a mis en avant ses prières pour comprendre les entités de l'Île, et Valbirin a payé plus que sa part pour le bien commun afin de défricher le passage menant à la veine d'archéon. Pour ma part, ma chère amie, et vous m'excuserez la familiarité ici, les temps sont difficiles. Déjà des hommes demandent un rapatriement, incapables de supporter la pesanteur trouble de l'Île et de son contenu. J'ai vu des soldats pleurer lorsque j'ai refusé leur congé, incapables de combattre encore les créatures reptiliennes observées jusqu'ici. Le cri des hommes-poissons, le sifflement des lézards et la crainte de voir s'agiter sous nos pieds fantômes et végétation hantent nos jours et nos nuits. J'ai bu avec un sourire parfois forcé des breuvages forts, doucereux ou imbuvables provenant de tout l'Empire. J'ai profité, avec la peur au ventre, de soirées à l'auberge où je ne savais pas si je pourrais protéger les voyageurs en cas d'attaque. Tant d'années à préparer cette expédition, pour finalement réaliser que le réconfort de la maison me manque. Malgré tout, je m'accroche à l'espoir que chaque lever de soleil apporte, sachant que notre mission est cruciale pour l'avenir de notre Empire, et que le destin du monde est peut-être entre nos mains. Je vous adresse cette lettre avec l'assurance que chaque décision que je prends est motivée par le bien-être de notre colonie et la grandeur de notre Empire. Nos sacrifices et nos épreuves actuelles ne sont que les fondations sur lesquelles reposera la prospérité future ~~des Terres du Centre~~ du Monde Connu. Je reste dévoué à votre service et à celui de notre grand Empire. Respectueusement vôtre, Halor Coeur-Bleu

Début du second mois

Le ciel n'était pas clair ce matin. La tempête annoncée par les scientifiques de Valbirin et les druides de Numadril semblait devenir réalité. L'odeur âcre de l'attaque des hommes-poissons du mois dernier était encore perceptible au village malgré les efforts de la Compagnie pour nettoyer les traces du carnage. Des hommes et des femmes avaient quitté l'Île lors du dernier départ de la caravelle, incapables de supporter plus longtemps la pesanteur du climat; le Gouverneur avait autorisé leur défection. Malgré leurs efforts, Saemon et ses explorateurs avaient une fois de plus perdu la trace de Louis le prospecteur, celui qui disait détenir le chemin vers la mine d'archéon. Qu'est-ce qui avait pu le pousser à quitter, alors que le départ du bateau censé le ramener chez les siens s'apprêtait à partir? Malgré tout cela, les explorateurs gardaient la tête haute et les yeux rivés sur leurs objectifs. Pour certains, il s'agissait de faire avancer les entreprises de leur cité-État; pour d'autres, de découvrir les mystères enfouis dans les ruines antiques disséminées sur l'Île. Pour la plupart, cependant, la découverte d'un fragment d'archéon le mois dernier avait ravivé leur espoir de mettre la main sur ce précieux minerai. Avec les plans du prospecteur maintenant entre leurs mains, plusieurs espéraient voir ce mois-ci s'ouvrir la première veine d'archéon, et en son sein, un premier coup de pioche y être logé. Aujourd'hui, alors que le tonnerre gronde au loin et que les premières gouttes de pluie tombent, le campement s'active avec une énergie renouvelée. Le sol tremble sous les pas de l'armée impériale, alors que l'Amirale est attendue au village pour y livrer un discours important avec le Gouverneur. Certains parlent de se venger des troupes d'hommes-poissons du mois dernier, alors que d'autres font écho aux escarmouches incessantes avec les hommes-lézards dans les chemins forestiers. Les préparatifs étaient presque terminés, et chacun ressentait une excitation mêlée à une pointe d'appréhension. Car dans ces terres sauvages et imprévisibles, rien n'est jamais acquis. Et alors que le ciel s'assombrissait autour d'eux, les explorateurs et exploratrices se préparaient à affronter l'inconnu avec une détermination inébranlable.

Fin du second mois

Votre Majesté Impériale, Voilà déjà trois mois que la Compagnie est sur cette île, et deux mois se sont écoulés depuis l’arrivée des explorateurs. Le dernier mois s’est déroulé de manière beaucoup plus organisée que le précédent, les différentes cités-États ayant travaillé avec un objectif commun : ouvrir la tant recherchée mine d’archéon. La carte du prospecteur, trouvée le mois dernier, nous y a finalement conduits. Pour récompenser leurs efforts, les postes d’échevins, partie intégrante de la structure de la Compagnie, leur seront offerts en remerciement lors de la prochaine lune. Déjà, certains explorateurs se sont vu remettre des postes officiels. La cité Mangefer a fait preuve d’initiative en construisant une machine capable de forer la pierre telle du beurre. Cependant, le bruit produit par la machine semble avoir réveillé l’ensemble des créatures habitant la mine. Ceux-ci, qui ne sont pas sans rappeler les kobolds du vieux continent, nous ont chargés violemment en disant que la ressource bleutée leur appartenait. La Cité Suspendue, quant à elle, a proposé la mise en place d’une série de règles pour contrôler et sécuriser l’exploitation de l’archéon. Nous devrons ainsi choisir si l’Île est une terre d’exploitation ou une colonie à long terme; plusieurs décisions futures seront structurées en ce sens. Les templiers de la Cité Sainte ont commencé à débusquer les ombres planant sur l’Île, y compris une créature nommée l’Affamé, qui semble exercer un contrôle sur les mêmes créatures que celle résidant dans la mine. Ensuite, la politique de la Cité des Opportunités nous rattrape jusqu’ici, avec un sénat divisé qui risque de voter pour le retrait de leur implication dans la colonie. Leur salut semble passer par le vote d’un sénateur indécis, dont la jeune fille a fait un voyage d’études dans l’Île lors du dernier mois. J’espère qu’elle aura apprécié son périple… La Cité Libre, quant à elle, commence à s’immiscer dans la vie ici, et nous trouverons, j’en suis sûr, le moyen d’utiliser au mieux leurs talents et leur versatilité. Ensuite, l’impudence de la Cité Froide est certes confrontante, mais elle pousse chacun à se dépasser. Toutefois, une membre d’Ardras a été trouvée à voler les papiers d’identité d’autres explorateurs. Celle-ci fut envoyée au cachot, mais elle ne passa pas la nuit. À ce propos, j’apprécierais grandement l’envoi d’un nouveau prévôt dans les plus brefs délais pour résoudre ce quiproquo, de même que de tenir procès si nécessaire. Finalement, la première équipe de prospecteurs, celle arrivée en même temps que moi il y a trois mois, semble avoir développé une étrange maladie. Plusieurs ont été tués dans un excès de folie, d’autres ont été trouvés avec la peau arrachée, et plusieurs faisaient des mouvements ritualisés comme s’ils étaient possédés. Seul Louis, le chef de l’équipe de prospection, a pu être raisonné et sera interrogé lorsqu’il se réveillera. Plusieurs mentionnent des risques potentiels inhérents à l’archéon lui-même. Cependant, l’échantillon que vous m’avez offert ne semble pas m’avoir affecté, ni personne d’autre sur l’Île pour l’instant. On raconte dans certains milieux que l’archéon pourrait affecter les âmes ou – qu’Élyon m’en préserve – perturber le cycle de la vie. Malgré tout, nous sommes toujours optimistes et espérons vous faire parvenir un premier chargement dans les plus brefs délais, afin que les spécialistes du royaume puissent l’étudier. Je reste dévoué à votre service et à celui de notre grand empire. Respectueusement vôtre, Halor Coeur-Bleu

Début du troisième mois

La colonie grandit et avec elle, les menaces qui gravitent autour. Les populations monstrueuses de l’Île se rapprochent du camp principal de la colonie, toujours en plus grand nombre. Les murlocs et les hommes-lézards semblent violents et stupides, mais semblent quand même obéir à une chaine de commandement dans leurs sociétés respectives. Quant aux kobolds, nul ne sait quand ils sont arrivés, mais une chose est sûre : leur nombre est beaucoup plus grand que ce qui a été calculé au départ – une révélation amenée par l’ouverture de la mine d’archéon. Cette mine, d’ailleurs, cache encore bien des secrets. D’où viennent ces kobolds? Que font-ils de l’archéon, cette substance encore mystérieuse qui s’avère être bien plus complexe que nous le pensions? Et bien entendu, la question sur toutes les lèvres : qu’est-il arrivé à la première expédition, arrivée sur l’Île 20 ans auparavant et dont très peu, à moitié fous, sont revenus? De l’intérieur, les tensions entre les cités-États s’enflamment. Certains explorateurs ne sont pas capables de laisser le vécu du vieux continent derrière eux, et sur l’Île, une certaine compétition pour les ressources et les postes, gages de statut social, promet des conflits à venir. Que dire du voleur d’Ardras, pris sur le fait et assassiné dans sa cellule, à la veille de son procès? Espérons que le Prévôt, enfin arrivé, saura mener à bien ce premier procès de grande envergure. Et bien sûr, qu’en est-il de l’archéon? Tellement de rumeurs surgissent déjà au sujet de ce minerai éminemment magique. Capture-t-il les âmes? Envahit-il les corps? Pourquoi l’Impératrice voudrait-elle d’une substance si volatile? Si seulement le groupe de prospecteurs de la deuxième expédition n’avait pas perdu l’esprit, peut-être auraient-ils bien des choses à nous dire… De plus, des rumeurs d’une entité puissante, vénérée par les kobolds et aperçue près du village dans le cercle de pierres, viennent approfondir les cauchemars des habitants. Une chose est sûre : si les aventuriers de la colonie de l’Île veulent survivre, ils devront apprendre à collaborer. Tous les yeux sont rivés vers le Gouverneur, qui semble avoir pour objectif d’extraire la première cargaison d’archéon et de l’envoyer dans les Terres du Centre pour étude approfondie d’ici la fin du mois. Plusieurs incursions dans la mine sont prévues, et de grandes récompenses sont censées attendre ceux qui s’investiront le plus dans cette mission. Espérons que les satanés kobolds ne se mettront pas à nouveau dans notre chemin. À ce sujet, il parait que Valbirin et Terra Fortuna ont financé une mission pour éliminer leurs campements, qui se situent non loin de la mine. J’ai entendu plusieurs collègues être sur le branle-bas de combat, et j’ai reçu plusieurs commandes de pierres à aiguiser dans la dernière semaine… -Marc Arcane, marchand et scribe de la Compagnie

Début du quatrième mois

Votre très chère Impératrice, Je vous adresse ce rapport en ces temps de grande incertitude. La colonie continue de croître, mais non sans tensions. Plusieurs événements majeurs ont marqué ce dernier mois, et je vous fais part ici des avancées et des défis rencontrés. Tout d'abord, une situation d'extrême gravité est survenue : le gouverneur Halor Coeur-Bleu a disparu, et un morceau de ses vêtements a été retrouvé au cœur de la forêt. Ce mystère pèse lourdement sur notre administration. En son absence, il a été décidé, en accord avec l'intendante Fortune Dujardin, la générale Brindal Dalor et le capitaine Saëmon Al-Saïd, que nous gèrerions ensemble les affaires de la colonie. Bien que mes soupçons soient éveillés, je mène cette enquête avec la plus grande précaution. Dans le cadre de mes fonctions, j'ai également procédé à la nomination des échevins de chaque cité-État : Frère Ballien pour Santa Purgare, Céréza Sinclair pour Terra Fortuna, Erynsûl pour Numadril, Rameses Amenakthi pour Libera, Sven Arronson pour Ardras, et Preston Ortenflorin pour Valbirin. Ces nominations, basées sur les recommandations des cités et les compétences des candidats, visent à maintenir l'équilibre nécessaire entre tous et chacun. Concernant le procès contre la cité d'Ardras, il s'est conclu par un non-lieu. Faute de preuves suffisantes, il n'a pas été possible de démontrer que Tual Kelly, cheffe de la Cité Froide, avait ordonné à Siegrun Berg de voler les papiers d'identité des autres colons. Comme cette ombre plane toujours sur les intentions d'Ardras, je demeure vigilant. Sur le plan de l'extraction de l'archéon, Lyli de Bessac de la cité Mangefer a rapporté la découverte de mineurs profondément affectés par cette substance. Leurs corps, marqués par des veines bleutées et des cristaux surgissant de sous leur peau, se sont montrés d'une agressivité extrême, défendant les galeries comme s'il s'agissait de leur propre maison. Bien que la Compagnie ait repris le contrôle, le chef de ces mineurs cristallins a réussi à fuir. La Cité Suspendue et les membres du Religare demandent que des études plus approfondies soient menées sur les effets de l'archéon. Malgré ces obstacles, la colonie a accompli l'exploit de faire sortir de terre la première cargaison d'archéon de l'île ! La nature elle-même, par l'intermédiaire de créatures hostiles végétales, a tenté de nous en empêcher, mais grâce à la bravoure et à la détermination de nos troupes, nous avons triomphé ! Dans les jours à venir, nous devons nous concentrer sur trois priorités : découvrir les véritables intentions de la cité d'Ardras, résoudre le mystère de la disparition de M. Coeur-Bleu, et sécuriser définitivement la mine d'archéon en éliminant toute menace persistante. Je vous prie de recevoir, Votre Majesté, l'expression de ma plus haute dévotion à votre service. Malgré les incertitudes, nous avançons avec la conviction que la Compagnie et l'Empire en sortiront plus forts. - Jean G. Caillebot

1025

Seconde année d'exploration de Terra Nova

Début du premier mois

3 avril 1025 « Et le sol vibra sous nos pas. » Le printemps revient. Tardif. Timide. Mais réel. Sur les hauteurs de la colonie, là où l’hiver semblait vouloir figer le monde à jamais, les premières pousses percent la terre gelée. Le feuillage frémit. Les rivières reprennent leur chant. Et avec elles, les tambours de Terra Nova battent à nouveau. Les campements s’éveillent. Les forges s’animent. Les éclaireurs repartent vers l’inconnu. L’année 1025 commence. 20 avril 1025 L’hiver a été long. Trop silencieux. La colonie s’est figée un temps, attendant des réponses… ou un signe. Et c’est lors du banquet d’équinoxe que l’Impératrice a rompu le silence. Pas par un discours. Pas par un messager. Mais par un présent : des merveilles alimentées par ce minerai que l’on n’ose plus appeler ressource… l’archéon. Et dans le creux des rumeurs, un murmure : on dit qu’elle aurait remis une lettre, scellée de sa main, au capitaine du navire de ravitaillement. Mais à qui était-elle destinée? Et pourquoi maintenant? 5 mai 1025 Le sol semble changer. Les anciens de la colonie parlent d’un monde qui respire. De ruines qui vibrent. D’un destin encore tapi sous la mousse. Les sages n’ont pas oublié la première expédition, celle des pionniers perdus. Celle dont les cicatrices se lisent encore dans la pierre, les cendres et les regards. Une fracture ancienne, que le Nouveau Monde refuse d’effacer. Et que dire de l’apparition du mineur cristallin, aperçu à la fin de l’an dernier? Un être figé, translucide, portant la mémoire de ceux qui ont creusé trop profond. Est-il un avertissement? Un vestige? Un miroir tendu vers notre propre avenir? Pendant ce temps, de nouveaux visages s’apprêtent à fouler nos rivages. 19 mai 1025 Et pourtant, quelque chose d’étrange s’installe dans les cœurs… et dans les corps. Les elfes marchent plus droits, leurs chants résonnent plus profondément dans les forêts humides. Les nains disent sentir les pierres leur répondre, comme si les veines de la terre leur chuchotaient des secrets oubliés. Quant aux orcs, plusieurs affirment que leurs forces renaissent — non pas comme une illusion de jeunesse, mais comme un écho d’une époque ancienne où leur peuple foulait des terres pleines de pouvoir. Sans qu’aucun rituel ne soit accompli, sans qu’aucune explication ne soit donnée, l’île semble réveiller ce qui sommeillait depuis des générations. Une magie… qui ne dit pas encore son nom. 26 mai 1025 Un convoi approche, chargé non de renforts… mais de prisonniers impériaux. Des condamnés, envoyés ici pour expier, reconstruire… ou disparaître. Leurs chaînes ne sont peut-être pas que de fer. Mais ici, le passé compte peu. C’est le rôle que chacun choisit de jouer qui façonne le récit. 2 juin 1025 1025 s’annonce comme une année de tourments. Mais aussi d’opportunités, d’exploration, d’alliances inattendues. Le Nouveau Continent n’a pas encore tout révélé. Et chaque pas, chaque mot, chaque silence pourrait faire basculer l’histoire. Explorateurs, bâtisseurs, survivants ou rêveurs… La saison commence. Et le monde vous regarde.

Début du second mois

L’été bat son plein sur Terra Nova, et avec lui, le rythme effréné des marteaux sur la roche, des cris dans les mines, et des pas pressés dans les allées du village. La mine d’archéon, cœur de la colonie, ne dort jamais, investie des ouvriers de la Compagnie impériale. Les cités-États, désormais mieux organisées, ont fait des avancées massives dans leurs bâtiments et quartiers généraux, ouvrant les premiers postes politiques officiels. Qu’il soit su que le Guide du désert de Libera est Cerberus, que le Quaestor de Terra Fortuna est Goblina, et que sous peu, Numadril fera élire un Œil des anciens. Ces figures d’autorité seront investies d’un rôle dans la colonie, apportant autant de structure… que de nouvelles rivalités. Mais au fond des galeries, là où l’archéon luit d’un éclat fiévreux, les coups de pioche ont cédé la place aux coups d’épée. Car les mineurs de la seconde expédition ne sont plus seuls dans les profondeurs. Les anciens tunnels creusés par la première expédition ont connecté avec ceux de la deuxième, relâchant des automates guerriers au visage cristallin, animés par une magie pervertie et gardant jalousement ce qu’ils considèrent comme leur territoire. Leurs attaques sont brutales, inhumaines. S’il restait encore un doute, les combats incessants de ces dernières semaines l’ont dissipé : c’est une guerre ouverte. Sans dialogue possible. Sans négociation. Seule la conquête des veines d’archéon décidera des vainqueurs. Comme si cela ne suffisait pas, la fin du mois dernier a été marquée par une attaque sans précédent. Une créature au visage draconique, accompagné de contingents d’hommes-lézards, a percé les défenses extérieures. L’attaque fut sanglante, mais ce qui en a troublé plus d’un, ce sont les voix. Ces créatures parlent notre langue, pas seulement la leur. Avec intelligence. Avec précision – à l’image de leur attaque. Elles semblent nous observer, en apprendre sur nous. Dans ce climat d’incertitude, deux événements promettent un répit, ou du moins un exutoire. Le grand tournoi de gladiateurs, organisé par le sénateur Decimus Moncego et le célèbre Gaïus Fiori, transformera l’arène en théâtre de gloire. Et la Santa Purgare, fidèle à sa mission spirituelle, tiendra la Douce Parade, une célébration lumineuse où chants et prières tenteront de rassembler les cœurs — et d’écarter les ombres. Mais l’été n’est pas que fête. Il est forge, feu et conflit. Explorateurs, vous qui avez choisi de rester… serez-vous les artisans d’un nouvel âge pour la colonie, ou les témoins d’un été qui s’embrase? Malgré tout cela, les explorateurs gardaient la tête haute et les yeux rivés sur leurs objectifs. Pour certains, il s'agissait de faire avancer les entreprises de leur cité-État; pour d'autres, de découvrir les mystères enfouis dans les ruines antiques disséminées sur l'Île. Pour la plupart, cependant, la découverte d'un fragment d'archéon le mois dernier avait ravivé leur espoir de mettre la main sur ce précieux minerai. Avec les plans du prospecteur maintenant entre leurs mains, plusieurs espéraient voir ce mois-ci s'ouvrir la première veine d'archéon, et en son sein, un premier coup de pioche y être logé. Aujourd'hui, alors que le tonnerre gronde au loin et que les premières gouttes de pluie tombent, le campement s'active avec une énergie renouvelée. Le sol tremble sous les pas de l'armée impériale, alors que l'Amirale est attendue au village pour y livrer un discours important avec le Gouverneur. Certains parlent de se venger des troupes d'hommes-poissons du mois dernier, alors que d'autres font écho aux escarmouches incessantes avec les hommes-lézards dans les chemins forestiers. Les préparatifs étaient presque terminés, et chacun ressentait une excitation mêlée à une pointe d'appréhension. Car dans ces terres sauvages et imprévisibles, rien n'est jamais acquis. Et alors que le ciel s'assombrissait autour d'eux, les explorateurs et exploratrices se préparaient à affronter l'inconnu avec une détermination inébranlable.

Début du troisième mois

Très Haute Souveraine, C'est avec un poids lourd au cœur que je prends la plume, afin de vous relater la vérité de ce que nous avons découvert au-delà des brumes de Terra Nova. J'aurais tant voulu n'avoir que des victoires à vous annoncer, tant espéré que nos efforts ne soient qu'une marche glorieuse vers l'avenir. Mais, à présent, je ne puis plus me taire : l'ombre de la première expédition s'est abattue sur nous, et elle n'a plus rien d'humain. Nous les avons retrouvés. Leurs palissades tiennent encore, leur village bat encore d'une vie factice, et leur mine d'archéon brûle toujours d'une activité qui n'aurait jamais dû survivre à tant d'années. Mais ces hommes et ces femmes ne sont plus des colons, Majesté... ce sont des spectres de chair et de haine. La corruption a dévoré jusqu'à leur âme. Ni les prières des plus grands prêtres de Santa Purgare, ni les rituels les plus ardents n'ont pu les purifier. Tout ce que nous avons tenté n'a fait qu'accélérer leur mort. Je vous l'écris avec douleur : il n'existe aucun retour pour ceux qui ont été marqués par cette malédiction. Et pourtant, ils se battent encore, guidés par un chef que vous connaissez de nom : l'Amiral Aldrick. Celui-là même qui jadis devait porter haut la bannière de l'Empire. Il règne aujourd'hui sur ces âmes dévoyées avec la froideur d'un stratège, lançant contre nous des assauts organisés, des raids meurtriers... comme s'il n'avait jamais cessé d'être un officier, mais pour une cause monstrueuse. Je crains qu'il ne soit plus qu'un pantin de l'archéon, un Seigneur Cristallin consumé par cette pierre qu'il croit maîtriser. Pourtant, dans ce désastre, une vérité se révèle : vous aviez raison. L'archéon fait ressurgir des forces oubliées. Les elfes qui foulent cette terre voient leurs traits se figer dans une éternelle jeunesse. Les orcs retrouvent une vigueur que nos chroniques disaient disparue. Les nains, dans les profondeurs, entendent à nouveau chanter la pierre et ouvrent les entrailles de la terre avec une ardeur surnaturelle. Même les arcanes les plus anciens renaissent : nos explorateurs lancent des sortilèges dont la simple existence n'était plus qu'un mythe sur le Continent. Ce minerai est à la fois une bénédiction et une malédiction — et jamais le mot "puissance" n'a eu un sens aussi terrible. Majesté, je ne vous cacherai pas mes doutes. Trop de vies ont déjà été sacrifiées. Nos colons, nos mineurs, nos soldats : tous portent le fardeau de cette mission. Mais l'espoir que vous avez placé en nous demeure. Nous ne pouvons ni fuir, ni reculer, car ce serait condamner le Continent à l'agonie. Alors, avec l'appui des explorateurs et de la Générale Dagor, j'ai pris une décision : nous frapperons. Lorsque votre Armada atteindra nos rivages, nous lancerons un raid contre le bastion de la première expédition. Nous ne pouvons laisser cette corruption prospérer davantage, ni permettre que l'Amiral maudit nous harcèle sans relâche. Il nous faut découvrir leurs secrets, arracher à leurs griffes les vérités que cache l'archéon, et, si les dieux le permettent, mettre fin à leur règne de ténèbres. Je vous demande donc, non pas la permission, mais votre bénédiction. Que votre voix, portée par les vents et les vagues, nous accorde la légitimité de cet acte. Car ce que nous allons entreprendre décidera peut-être non seulement de l'avenir de cette colonie, mais du destin même de l'Empire. De Terra Nova, toujours vôtre, Halor Coeur-Bleu

Début du quatrième mois

Le dernier coup avait été porté. Aldrick, seigneur apparent de la Société cristalline, était tombé. Son règne de corruption et d’expérimentations impies n’était plus. Mais à quel prix? Combien d’hommes et de femmes avaient versé leur sang dans cette guerre? Combien de ressources, d’efforts, d’espoirs consumés pour arracher cette victoire? Mais il en relevait de notre survie. Au moment même où l’amiral de la Première Expédition — le plus haut dignitaire de la Première Expédition — exhala son dernier souffle, la terre se mit à trembler. Un grondement titanesque secoua l’Île tout entière, forçant nos armées meurtries à se replier derrière les palissades du village. Les éclaireurs du Grand Explorateur ont tenté d’élucider l’origine du cataclysme… en vain. Bien que le campement de la Première Expédition demeure accessible pour les imprudents qui voudraient l’explorer, ce qui s’y trouve reste enveloppé de mystère. Une chose est toutefois certaine : le cœur de la Société cristalline a été vaincu. Si plusieurs créatures corrompues errent encore dans les ruines de la zone de guerre, aucune contre-offensive n’est attendue. Les mystères de cette civilisation déchue devront un jour être éclaircis, mais pour l’heure, il nous faut panser nos plaies, enterrer nos morts et leur rendre les honneurs qu’ils méritent. Et puis, enfin, vient le repos. La Compagnie et les cités-États n’ont ménagé aucun effort pour souligner la fin du conflit par de grandes festivités. Le butin de guerre, substantiel, sera redistribué entre les cités-États au début des réunions officielles du mois. Les rituels de baptême et de mariage seront célébrés sous la bénédiction des grands cultes, dans la joie, la musique, et les chants qui font désormais partie intégrante de la vie coloniale. Le grand festival de l’équinoxe est aussi à l’honneur : abondamment financé par la Compagnie, il promet jeux, célébrations et prix fort convoités. La troupe des Braves et de Terra Fortuna annonce déjà l’ouverture d’une arène glorieuse dimanche où les plus vaillants pourront démontrer leur valeur. Et alors que l’hiver approche, la compétition de la Coupe des Six Cités arrive à sa conclusion. Une seule cité-État repartira avec la précieuse cargaison d’archéon — un prix convoité, dont les retombées pourraient faire de sa maison mère l’envie du continent, autant en matière d’avancées théoriques métaphysiques que d’applications et d’inventions concrètes. Mais la résolution de la guerre, si elle appelle aux réjouissances, a aussi mis en sourdine les travaux des explorateurs pour percer les nombreux mystères qui demeurent toujours sur l’Île. Qu’ont découvert les membres de la Société cristalline dans leurs sombres expériences infusées d’archéon? Quelle est cette entité que les kobolds appellent fièrement « l’Affamé », et où ira leur loyauté maintenant que les seigneurs cristallins ont été défaits? Quels mystères se cachent-ils dans les plus profondes strates de la mine d’archéon? Et que veulent les créatures draconiques avec lesquelles des contacts ont été amorcés? Par ailleurs, les éclaireurs du Grand Explorateur rapportent que l’énorme tremblement de terre ayant secoué la colonie aurait révélé des potentiels accès aux souterrains de l’Île. Les explorateurs arriveront-ils à investiguer ces souterrains? Et ceux-ci résoudront-ils les mystères ambiants… ou en ajouteront-ils de nouveaux?

Le vieillard déposa la plume, cessant subitement sa danse effrénée. Il ne pensait pas avoir le temps de compléter son dernier ouvrage. Content de son travail, il referma son livre avec soin. Son temps étant terminé, il regarda une dernière fois le travail accompli autour de lui, puis quitta la pièce, pour la première fois depuis des éons, certain de ne plus jamais y remettre les pieds. Il était maintenant temps pour eux d’écrire leur propre histoire…

Yvan Dupuis et les Chroniques d'Akéras

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